Entre les années 1960 et 1980, les États fédéraux d'Ex-Yougoslavie ont érigé des monuments d'une imposante envergure. Ces spomeniks (« monuments » en serbo-croate) ont été élevés en mémoire des populations locales ayant résisté devant les atrocités du XXᵉ siècle, et prôneraient l'expérience d'une société socialiste plus égalitaire et antifasciste.
Dans les années 1990, les guerres de Yougoslavie éclatèrent et aboutirent à la dislocation du pays en plusieurs États indépendants. Certains monuments furent abandonnés, d'autres détruits. Cette série représente les principaux spomeniks qui ont survécu à travers le temps, localisés en Slovénie, Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine et Croatie.
La série propose de mettre en lumière ces monuments en se demandant si leurs messages ont subsisté à travers le temps. En effet, la résurgence de la violence entre les États d'Ex-Yougoslavie au cours des années 1990, pose la question de la portée et de l'impact de ces symboles de paix, fondés sur la solidarité entre les peuples. Cette interrogation peut également être transférée à toute l'Europe où la tolérance et le vivre-ensemble sont à nouveau mis à mal. L'histoire nous amènerait-elle ainsi à nous demander si ces symboles ne seraient pas devenus invisibles ?
Between the 1960s and 1980s, the Federal States of former Yugoslavia erected monuments of an imposing size. These spomeniks ("monuments" in Serbo-Croatian) were raised in memory of the local populations who resisted the atrocities of the 20th century and would praise the experience of a more egalitarian and antifascist socialist society.
In the 1990s, the Yougoslav wars broke out and resulted in the country fracturing into several independent states. Some monuments were abandoned, others were destroyed. This series depicts the main spomeniks in Slovenia, Serbia, Montenegro, Bosnia and Herzegovina and Croatia that have survived
The series proposes to highlight these monuments and asks the question whether the monuments' messages have endured over time. Indeed, the resurgence of violence between the states of the former Yugoslavia in the 1990s raises the question of the scope and impact of these symbols of peace, based on solidarity between peoples. This question is also relevant to the whole of Europe, where tolerance and living together are once again undermined. History would lead us to wonder whether these symbols have not become wholly invisible.